Dernière maj le 20/03/2004

L'achat de proximité


L'achat de proximité.

Voila une page qui va être considérée comme politiquement incorrecte dans le monde de mondialisation et d'échanges commerciaux obligatoires dans lequel nous vivons, mais qui me parait, pour ma part, être du simple bon sens.

Il y a quelques années, une campagne de publicité déclarait "nos emplettes sont nos emplois". Cette publicité incitait, à acheter Français de façon à soutenir notre commerce, donc notre activité industrielle et donc nos emplois.

Depuis lors, la mondialisation n'a fait que progresser et nous qui étions un pays socialement avancé n'avons cessé de reculer. Pour survivre, nos entreprises ont du faire des gains de productivité générateurs de chômage. Aujoud'hui, le français est le travailleur le plus productif des pays industrialisés, pour la bonne raison que l'industrie Française est la plus automatisée. Nous sommes donc, nous Français, ceux qui avons le plus chassé l'homme des chaines de fabrication et plus généralement du monde du travail!

Je ne suis pas sur qu'il y ait de quoi être fier. Le système social que nous avons bâtis est l'un de plus surs au monde. Il protège les plus faibles, donne à chacun des droits inaliénables, le droit à l'éducation, à l'assurance maladie, à l'assurance chômage. Il construit un monde plus sur pour tous les français. Ce sont des acquis sociaux sur lesquels il n'est pas souhaitable de revenir.

D'un point de vue environnemental, l'Europe s'est dotée d'un arsenal de réglementations indispensables pour la survie de l'humanité, mais la encore ces contraintes pèsent sur nos entreprises et nuisent à notre compétitivité face à des pays pour qui polluer la planète est gratuit.

Force est de constater qu'aujourd'hui, nous payons ces lois sociales et environnementales (durables pour citer un mot galvaudé très à la mode) au comptant et que ce coût se traduit par un taux de chômage et de précarité sociale qui augmente.

Loin de moi l'idée de vouloir revenir sur ce modèle social dont nous pouvons nous enorgueillir, mais le contexte de mondialisation dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui, met nos entreprises en difficultés. Le FMI et l'OMC nous interdisant toutes mesures protectionnistes, nous voyons nos produits mis en concurrence avec des produits en provenance de pays sans aucunes protections sociales, ni contraintes environnementales. Dans ce contexte, nos entreprises, sur des marchés frappés par la concurrence internationale, se trouve dans les plus grandes difficultés. Pour survivre elles sont obligées ou de délocaliser ce qui est la pire des solutions pour le pays, ou d'améliorer leur productivité, en licenciant, en automatisant, en remplaçant l'homme par de l'énergie, ou encore, d'innover en permanence, ce que nos entreprises savent bien faire mais qui nécessite des coûts de recherche et développement élevés qu'il faut du temps pour rentabiliser.

Face à ce constat nous pouvons mettre en doute les vertus de la mondialisation telle qu'elle est envisagée par le FMI. Cette mondialisation accroit l'insécurité sociale, nous rend dépendant. Nous avons dus sacrifier des pans entiers de notre économie sur l'autel de la non rentabilité (par rapport à quel modèle social?). Cette mondialisation accroit l'insécurité environnementale en faisant, en tous sens voler des avions, circuler des camions, voguer des bateaux poubelles, engloutissant d'énormes quantité de Gasoil et de Kérosène.

Comme en plus elle semble échouer à faire décoller la majeure partie des pays en voie de développement, on peu légitimement se poser la question de l'interêt de continuer dans cette voie?

Plutôt que la compétition du commerce international, je prone une voie plus philantropique, un monde plus ouvert avec une fabrication systématiquement de proximité. Chaque pays fabriquerait les biens de consommations courantes chez lui, en faisant travailler son peuple. Les meilleures méthodes de production les plus économes et les moins polluantes seraient échangées et disponibles pour tous les pays. De cette façon on diminuerait énormément les flux de transport de marchandises. Seules les matières premières devraient encore transiter d'un pays à un autre. Les pays les plus démunis se verraient aider par les plus richement dotés.

En attendant de pouvoir mettre un tel système en place au niveau mondial, j'ai le sentiment que nous pouvons déjà commencer à batir une société plus humaine, plus localisée, moins énergivore au niveau européen. Pour pouvoir donner à l'Europe les moyens d'y parvenir, il faut tout de suite que nous adoptions les bons réflexes lors de nos achats.

La question de l'achat est importante car c'est nous, consommateurs finaux, qui avons les clés du porte-monnaie. Les entreprises et l'économie en général sont très sensibles à la consommation des ménages, les flux tendus, l'absence de stock et de trésorerie les rendent très vulnérables à nos changements d'humeur. Nous avons donc le choix de définir le monde dans lequel nous souhaitons vivre.

Faire un achat de proximité, c'est privilégier d'abord l'entreprise de votre région, puis l'entreprise nationale. Même si le prix de l'entreprise nationale est plus élevé, il faut avoir en tête que ce prix que vous payer représente des impôts en moins, de la pollution en moins, du chômage en moins, de l'insécurité en moins. Prioriser l'achat local, c'est faire le choix du futur pour vos enfants.


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