Dernière maj le 30 octobre 2005

Quel peut être le rôle d’une modification de la cryosphère?


Définition

On appelle cryosphère l’ensemble des glaces de la surface terrestre. Elle comprend donc à la fois des zones immergées comme la calotte glaciaire arctique et des zones émergées comme la calotte qui recouvre le continent Antarctique, le Groenland ainsi que tous les glaciers de montagne.

Rôle joué par rapport au climat

Cette cryosphère joue un rôle particulièrement important sur le climat, puisque du fait de sa couleur blanche, elle réfléchit d’avantage de rayonnement solaire que la surface de la mer ou que les surfaces des terres émergées. On dit que l’albédo de la glace est supérieur à celui de la mer ou de la terre. Dans une des pages de ce site, j’explique de quelle façon la terre s’est, il y a plusieurs millions d’années, transformée en une boule de glace. La température quiy régnait n’était pas de -18°C comme on le mentionne souvent, mais plutôt de -100°C. Cette valeur de -18°C représente une approximation de la température moyenne lunaire, mais, si l lune reçoit un ensoleillement comparable à la terre, il n’y a pas d’eau sur la lune. La présence de glace augmentera de façon importante l’albédo terrestre, ce qui contribuera à la refroidir d’avantage, probablement jusqu’à -100°C. Ceci est pour la petite histoire car -18° ou -100° ne change pas grand chose pour la vie.
Il est important de retenir que la disparition de la glace en surface entraine un effet d'accéleration du réchauffement global de la planéte.

L’intérêt de la cryosphère est donc particulièrement important pour le climat puisqu’elle empêche la mer de trop se réchauffer dans les hautes latitudes. Or nous avons déjà vu dans les pages consacrées au Gulf Stream que la formation de la glace augmente la salinité de l’eau qui ne gèle pas (le sel ne gèle pas et la proportion de sel dans l’eau augmente donc). Or nous savons également que du fait de l’augmentation de la salinité en surface, l’eau de surface devient plus dense et a tendance à « couler », à se mélanger avec les couches profondes de l’océan. Ce mécanisme est à l’origine du fonctionnement de courant thermohalin gulf-stream, courant ayant un impact particulièrement important sur le climat tempéré de l’Europe.

La fonte de la calotte arctique n’est donc pas une bonne nouvelle comme semble le penser le commerce maritime, mais une très mauvaise nouvelle, et pas seulement pour les ours blancs, mais pour toute la population européenne car cette région pourrait paradoxalement se refroidir dans un monde qui se réchauffe.

La fonte de la calotte glaciaire arctique est déjà une réalité, les satellites http://www.gsfc.nasa.gov/ nous mettent en évidence la diminution de la surface de la calotte glaciaire et par ailleurs les relevés notés par les sous-marins militaires russes font apparaitre que la calotte a déjà perdu 40% de son épaisseur.

Impact sur le permafrost

Le mécanisme est identique sur terre puisque l’albédo de la glace est supérieur à celui de la terre, la fonte de la neige contribue à renforcer le réchauffement de surface. Par ailleurs sur terre aussi il existe une mauvaise nouvelle pour le permafrost (terre septentrionale gelée en permanence)puisque outre le fait de transformer en marécages infestés de moustiques les terres polaires, la fonte des glaces contribue à libérer dans l’atmosphère les hydrates de méthane stockée dans le sol gelée de cette zone.

Impact sur la ressource en eau

L’autre intérêt majeur de la cryosphère est de constituer une importante réserve d’eau douce pour les populations. Cette réserve d’eau douce se situe majoritairement sur la gigantesque calotte glaciaire du continent Antarctique et sur celle du Groenland, mais cette eau n'est pas disponible pour la consommation humaine. Ce sont les glaciers de montagne qui joue un rôle vital pour la consommation humaine, or les glaciers de montagne se réduisent à vue d’œil, ce qui a pour impact de diminuer l’effet retard et stockage de l’eau. L’eau qui tombe sur la montagne ruisselle alors beaucoup plus rapidement vers la vallée, pouvant provoquer des inondations catastrophiques auxquelles succéderont des périodes où les cours d’eau seront bas du fait de la diminution de la surface de stockage neigeux. Ces périodes de cours d’eau bas seront nuisibles aux populations des vallées. Ce problème sera particulièrement ardu pour les besoins en eau des centaines de millions d'êtres humains qui vivent sur les bassins des énormes fleuves nés des neiges de l’Himalaya. Citons les plus célèbres comme le Gange, le Mékong, l'Euphrate, l'Euphrate, l'Indus, le Brahmaputra.
Par ailleurs et pour revenir chez nous, cette absence d’effet retard est particulièrement génante pour les retenues d’eau des barrages hydroélectriques de montagne.

Impact sur la montée des eaux

Pour ce qui est de la quantité d’eau globale retenue par les glaciers terrestre, nous ne savons pas dire pour l’instant si elle diminue, puisque si leur surface diminue de façon incontestable, nous manquons d’informations pour savoir si le stockage de l'eau n’augmentera pas aux très hautes altitudes, là où la température restera négative, provoquant un épaississement de la hauteur de glace. Les données des relevés marégraphiques (hauteur de la mer) montrent que le niveau moyen global de la mer s'est élevé de 0,1 à 0,2 mètres au cours du XXe siècle dont nous ne savons pas dire avec précision si elle est imputable à un apport d’eau douce où la dilatation des molécules d’eau induites par le réchauffement.
Par ailleurs si les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique ne sont pas prêtes à fondre, et bien heureusement pour les 80% de population terrestre qui vivent sur les côtes, leur fonte complète entrainerait une montée des eaux de l'ordre de 7m pour le Groenland, et de plus de 100m pour l'antarctique.

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