Informations sur l'effet de serre


Le 10/09/2005

Alors que l’été français touche à sa fin, sans qu'ait eu lieu de vague de chaleur spectaculaire, cet été 2005 fut tout de même sous ce qui ressemble à l’empreinte du réchauffement climatique :

  • En France :
    • Sécheresse et arrêté de restriction d’eau sur pratiquement tout le territoire français.
  • Au Portugal :
    • Sécheresse exceptionnelle sur la péninsule Ibérique et tout particulièrement au Portugal où des incendies gigantesques ont ravagé des milliers d’hectare de forêt.
  • Sur les Alpes :
    • Dans le même temps, des inondations catastrophiques touchaient la chaîne des alpes, l’Autriche, la Suisse, la Bavière, la Bulgarie...
  • Aux Etats-Unis :
    • La saison des cyclones a débuté très tôt avec des cyclones d’une grande violence dès le début du mois de juillet, jusqu’au dramatique Katrina qui vient de dévaster un territoire, grand comme la moitié de la France, au sud des Etats-Unis avec des conséquences encore inconnues.
  • En Asie
    • A l’autre bout du monde, dans le pacifique, les typhons s’enchaînent. Nous n’en sommes qu’à un peu plus de la moitié de la saison des cyclones qui se termine fin octobre.

Bien entendu, nul ne peut prouver que ces événements sont associés directement au réchauffement climatique, mais force est de constater que le nombre et la violence des événements climatiques ont nettement augmenté ces dernières années et que tous ces événements sont conformes, ou, en tous les cas, ressemblent à ce que les prévisionnistes nous prédisent.

Nous allons bien entendu revenir sur Katrina parce qu'il fut d’une violence inouïe, le plus puissant, niveau 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson et qu’il vient de mettre à mal le pays le plus riche, mais sûrement aussi l'un des plus inégalitaires, de la planète, le pays qui n’a pas souhaité ratifier le protocole de Kyoto, le pays qui nie encore (plus tout à fait depuis le dernier G8) qu’un réchauffement climatique d’origine anthropique est en cours.

Alors que le nombre de victimes n’est malheureusement pas encore connu, on sait déjà que les Etats-Unis ont été dramatiquement touchés. La Nouvelle Orléans, ville polder d’un million d’Habitants, a du être évacuée et est inondée à plus de 60%. Parmi ceux qui n’ont malheureusement pas pu fuir, on va probablement compter un grand nombre de victimes.

L’ampleur de la catastrophe apparaît nettement sur les images des télés américaines qui les diffusent en boucle. Elle est si grande que ce pays si riche et dominateur, semble submergé par son ampleur et se trouve contraint à demander l’aide internationale comme n’importe quel pays en voie de développement.

C'est un fait, l’homme ne peut rien contre la violence des déchaînements climatiques. Le meilleur de la technologie actuelle se trouve fort dépourvu quand les éléments se déchaînent.

C'est un fait également, même si Katrina peut faire partie de la variation naturelle du climat, tous les modèles climatiques convergent pour dire que le réchauffement climatique entraînera des phénomènes cycloniques de plus en plus violent.

Il importe donc de s'y préparer au mieux et une ville Polder comme la Nouvelle Orléans, n'est sans doute pas viable dans une zone tropicale exposée aux ouragans. Car si Katrina fut particulièrement violent, chaque année désormais des ouragans de cette puissance touchent les zones tropicales. Il me parait important que chaque pays exposé se prépare, en coordination avec les autres pays à des plans d'évacuation des populations en danger.
La gestion des réfugiés climatiques sera un des enjeux majeurs de la cause humanitaire dans ce 21éme siècle.

 

Cet ouragan a également mis en évidence la fragilité de nos économies "pétroléo-dépendantes". Les prix du pétrole ont flambé suite à la destruction de plusieurs plate-forme pétrolière dans le golfe du Mexique et il a fallu que plusieurs pays européens fassent don d'une partie de leurs réserves stratégiques pour calmer les prix. Un comble absolu lorsqu'on a conscience du niveau de gaspillage énergétique de ce pays pétrolivore.

L'économie vit à court terme, dans la réaction instantanée aux événements et surtout pas dans une sage anticipation du futur.

Katrina met à mal la ressource en pétrole, faisant monter les prix.

  • Réponse de type économique :
  • Il faut, au plus vite, supprimer ces taxes qui pèsent sur notre activité"
  • Oui et que met-on en place pour anticiper la fin du pétrole dont l'abondance arrivera de toutes façons à son terme très bientôt?
  • Réponse de type plus sensée:
  • "Il faut garder les taxes et les affecter au développement des énergies inépuisables"
  • "Il faut relocaliser l'activité économique de façon à limiter au maximum la dépense énergétique engendrée par les transports." Je ne vois pas pourquoi le commerce me propose des pommes du Venezuela (ou d'ailleurs) quand le verger situé à 20km de ma ville en regorge ? Cette logique économique m'échappe !
  • "Il faut intégrer dans le coût des énergies fossiles, le coût des futures catastrophes climatiques qu'elles vont engendrer et le coût de la mutation nécessaire de l'énergie fossile vers des sources d'énergies renouvelables.

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale la doctrine dominante pronée par les organismes onusiens, comme le FMI et la Banque Mondiale, prône que le développement économique mondial passe inévitablement par la compétition inter-étatique l'internationalisation des échanges et l'exportation obligatoire. Cette doctrine s'est fondée sur un coût du transport extraordinairement bas (tirés d'ailleurs par des subventions massives) et qu'elle n'est, environnementalement parlant, pas viable.

Pour préserver le futur de nos enfants, pour avoir une idée du monde qu'on leur laissera relocalisons les économies et cessons de réfléchir à court terme. Relocalisons toute l'activité qui peut l'être. N'importons que le strict indispensable. Aidons les pays pauvres à mettre en valeur, localement, leurs richesses, développons partout les énergies renouvelables adaptées à la spécificité de chaque région du monde.

La relocalisation de l'economie est la seule voie pour donner un futur viable à nos enfants.