Sommet du G8 à GlennEagle: De grands espoirs partiellement déçus


Alors que Tony Blair annonçait l'an dernier qu'il comptait sur sa présidence du G8 en 2005 pour faire de cette année une année de lutte contre le changement climatique, faisons un premier bilan du sommet du G8 de Gleneagle (écosse) qui a abordé ce problème.

Ce sommet qui avait (comme promis par Tony Blair en 2004) également comme sujet l'aide au développement de l'Afrique a réuni, outre les dirigeants des huit pays industrialisés (Royaume Unis, Japon, Allemagne, France, Etats-unis, Italie, Canada et Russie) les dirigeants de cinq grands pays émergents (Chine, Mexique, Inde, Brésil et Afrique du sud) et de sept états africains.

Ce sommet, qui a malheureusement été entâché du deuil des attentats de Londres a accouchée d'une souris climatique.

Un bon point cependant, les américains, en la personne de Georges Bush, ont admis, la responsabilité des émissions anthropiques de gaz à effet de serre liés dans le réchauffement récent de la surface de la Terre. Pour autant, les Etats-unis refusent toujours catégoriquement de se rallier au protocole de Kyoto, trop contraignant pour l'économie et jugé peu efficace.

Une allusion à Kyoto figure pourtant dans le traité issu de la réunion : Ceux d'entre nous qui ont ratifié le Protocole de Kyoto entendent oeuvrer pour renforcer et développer la mise en oeuvre des mécanismes de marché (notamment la Mise en oeuvre conjointe, les marchés de permis et le Mécanisme de développement propre), et déployer tous les efforts possibles pour que le Conseil exécutif du Mécanisme de développement propre et les institutions connexes qui soutiennent les marchés de permis bénéficient d'un financement adéquat d'ici à fin 2005. (NDLR: Si ces pays sont mis en concurrence ouverte avec les non signataires est-ce que ce ne sera pas déloyal?)



Les signataires du traité se sont engagés à prendre des mesures novatrices selon les axes essentiels suivants :

  • Changer notre manière de consommer l'énergie.
  • Agir pour un avenir plus propre.
  • Promouvoir la recherche et le développement.
  • Financer la transition vers une énergie plus propre.
  • Gérer les effets du changement climatique.
  • Lutter contre l'exploitation forestière illégale.

Les états-unis, partisans de faire exclusivement confiance à l'intelligence humaine et aux futurs et hypothétiques progrès technologique (du moins dans les délais requis) ont tenu à ce que les pays membres du G8 s'engagent à prendre des mesures pour promouvoir l'innovation, l'efficacité énergétique, et accélérer le développement de technologies plus propres. Ce sera l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui sera charger d'évaluer la performance énergétique des différents moyens de production d'électricité et des bâtiments à l'échelle mondiale.

Ces axes sont tous bien entendu très positifs, mais ils ne s'accompagnent d'aucun engagement concret chiffré et ne sont donc pas très contraignants. (NDLR : Faisons confiance à nos dirigeants politiques pour oublier leur guerre économique et la transformer en collaboration écologique)

Chacun de ces thèmes va être décliné par chaque pays


La déclaration finale semble donc clairement issue d'un compromis destiné à satisfaire toutes les parties en présence, Etats-Unis notamment. L'accord (...) est important, même s'il ne va pas aussi loin que nous l'aurions souhaité, a déclaré le président français Jacques Chirac, soulignant aussi que son principal mérite sera de rétablir le dialogue entre les sept de Kyoto et les Etats-Unis. Cela constitue un signal important en direction des pays émergents, gros consommateurs d'énergie.

Un avis tempéré par le WWF qui si il reconnait l'effet positif de la déclaration commune reconnaissant le changement climatique, fustige, dans sa dernière parution de Panda Magazine, les américains qui "n'ont pas véritablement changé leur fusil d'épaule" et Georges Bush qui "continue à refuser tout engagement contraignant pour résoudre le problème et ne signera toujours pas l'accord de Kyoto." Par ailleurs, le WWF félicite le bon comportement de la France, jugée très combative sur le sujet du réchauffement climatique.

Vous pouvez accéder à l'intégralité du texte sur le site de l'Elysée.

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